Comme le dit un proverbe égyptien," la vie est comme les ghawazee, ces danseuses tziganes de Haute Egypte qui ne dansent qu’un instant pour chacun."
Leila Haddad, la grande prêtresse de la danse orientale, remonte les pas de ces danseuses méconnues et si savantes de la vie.
Accompagnée des musiciens tziganes du Nil, elle retrouve leurs lignes d’errance qui de l’Inde à l’Egypte réunit, dans une même mémoire légendaire, la Turquie, la Grèce, l’Iran, la Jordanie, le Liban, la Bulgarie, l’Espagne et l’Afrique du Nord ….
La danse est une voyageuse, partie du Rajasthan (Inde du Nord) vers le IVe siècle, dont les chemins se croisent en Haute Egypte, abreuvant aux sources d’un Nil mythique toutes les danses profanes du monde, jusqu’à la danse moderne qui jaillira au début du XXè siècle.
Sous les semelles de vent des tziganes d’Egypte soufflent les esprits voyageurs et originels de la Danse et de la Musique.
Le monde contemporain semble pourtant occulter l’importance de la présence tzigane dans l’Orient méditerranéen, liée depuis des temps immémoriaux à la fonction musicale et à la danse.
Dans cette nouvelle création, Leila Haddad fait dialoguer deux « escales » de la danse, les danses ghawazee de la Haute Egypte avec celles des Kalbeyas du Rajasthan. Les fils invisibles du « voyage » et de l’épopée rom tissent leur inconscient vagabond.
Accompagnée par sept musiciens tziganes égyptiens, Leila Haddad invente un spectacle en forme de défi.
En effet, pour ces musiciens virtuoses de Haute Egypte, seule l’improvisation régit le flot des sons, suspendus au « tarab », un état de transe et d’extase qui surgit là où on ne l’attend pas. La danse pure et savante de Leila Haddad en suit les volutes capricieuses pour une chorégraphie changeante comme l’esprit de chaque soirée.